NF DTU 25.22 — Ouvrages en plâtre projeté mécaniquement
Norme technique nationale encadrant l'exécution des enduits intérieurs appliqués par projection mécanique à la machine à malaxage continu sur parois verticales et sous-faces de planchers en maçonnerie ou béton (NF P 71-202 et NF EN 13279). Définit le dosage et le débit d'eau de gâchage, la technique de projection en cordons chevauchés, le dressage à la grande règle crantée, le coupage au berthelet et le lissage fin au plâtroir. Impose l'application obligatoire de primaires d'accrochage sur bétons lisses, l'armature continue des liaisons de structures hétérogènes, le respect impératif d'une épaisseur minimale de 10 mm (jusqu'à 20-25 mm pour rattrapage), ainsi que les mesures de protection contre le gel et le contrôle thermo-hygrométrique strict sous le climat hivernal vosgien.
Référentiel Officiel AFNOR & Cadre Juridique — NF DTU 25.22
Classification officielle, antériorité normative et délimitation du périmètre des garanties légales constructeur.
NF DTU 25.22
Remplace : Anciennes règles professionnelles de la plâtrerie projetée et CPT CSTB Index lié : NF P 71-202 / NF EN 13279
Mars 2022
Commission nationale : AFNOR / BNTEC P71 (Plâtrerie mécanisée).
Plâtres allégés spéciaux pour projection mécanique (à base de perlite ou vermiculite expansée), plâtres haute dureté projetés pour locaux scolaires et hospitaliers, machines de malaxage et pompage continu type PFT/Kessel, règles à dresser trapézoïdales et crantées, armatures en fibre de verre E-glass et profils de dilatation d'angles
Grands ensembles de logements collectifs, résidences de tourisme vosgiennes, centres hospitaliers, établissements scolaires et bâtiments tertiaires dans le département des Vosges.
Plâtre manuel traditionnel en auge et projection extérieure de façades
Le plâtre traditionnel gâché à la main relève du NF DTU 25.21, et les enduits extérieurs de façade relèvent du NF DTU 26.1.
Les valeurs planchers & seuils critiques du NF DTU 25.22
Seuils quantifiés et tolérances minimales opposables aux constructeurs, artisans et assureurs.
Épaisseur nominale d'application projetée
Seuil : Épaisseur 10 à 25 mm Épaisseur courante de 10 à 15 mm en passe continue (jusqu'à 25 mm pour rattrapage de faux aplomb du gros œuvre maçonné).
Rapport eau/plâtre rigoureusement étalonné
Seuil : Débit Eau 12 à 14 L/sac Contrôle précis du débitmètre de la machine à projeter pour éviter tout surdosage en eau qui diviserait par deux la résistance mécanique.
Résistance minimale à la pénétration
Seuil : Dureté Shore C ≥ 50 Dureté superficielle mesurée au duromètre après séchage complet (≥ 60 pour les formulations haute dureté HD).
Conditions atmosphériques minimales
Seuil : T ≥ +5°C & HR ≤ 70% Température minimale continue de +5°C et taux d'humidité relative contrôlé pour permettre l'évacuation de l'eau de gâchage sans moisissure.
Règles d'exécution opposables aux constructeurs
Les 6 exigences normatives clés régissant la conformité décennale au titre du NF DTU 25.22.
Étalonnage précis du débitmètre d'eau de gâchage de la machine à projeter
Le plâtre projeté mécaniquement est acheminé sous forme de poudre sèche et malaxé en continu avec de l'eau sous pression dans la chambre de gâchage. Le débit d'eau doit être rigoureusement étalonné au débitmètre à flotteur selon les spécifications strictes du fabricant (généralement 12 à 14 litres d'eau par sac de 33 kg). Un surdosage en eau rend la pâte trop fluide, facilite certes le lissage, mais détruit la structure cristalline du gypse : après évaporation, le plâtre présente une porosité excessive, une dureté Shore effondrée de plus de 40 % et une peau farineuse inapte à recevoir les peintures.
NF DTU 25.22 P1-1, clause 4.3 & Fiches Techniques Fabricants
Préparation du support et application systématique de primaire d'accrochage sur béton
Sur les parois en béton banché lisse et les sous-faces de prédalles ou dalles alvéolées, la projection directe du plâtre est formellement prohibée. Les subjectiles doivent être dépoussiérés au jet d'air comprimé, dégraissés des résidus d'huile de décoffrage, et recevoir un primaire d'accrochage polymère chargé de grains de silice appliqué au rouleau ou à la brosse. Ce primaire doit présenter un temps de séchage complet d'au moins 12 à 24 heures avant le démarrage de la projection du plâtre pour garantir une accroche mécanique pérenne sans risque de décollement par plaques.
NF DTU 25.22 P1-1, clause 5.2
Projection en passes régulières croisées et dressage immédiat à la règle hache
La projection doit être réalisée à la lance maintenue perpendiculaire à la paroi à une distance constante de 20 à 30 cm, en cordons horizontaux chevauchés de bas en haut. Dès la fin de la projection d'une travée, l'artisan doit dresser énergiquement la surface à la règle trapézoïdale crantée ou à la règle hache pour répartir la masse, chasser les inclusions d'air et égaliser l'épaisseur. Tout raccord entre deux gâchées doit être repris avant le raidissement de la première passe pour éviter les plans de clivage verticaux.
NF DTU 25.22 P1-1, clause 5.4
Coupage au berthelet et serrage au grand couteau en phase de prise cristalline
Lorsque le plâtre projeté commence à durcir (phase de raidissement plastique environ 1 heure après projection), la surface doit être coupée au berthelet ou au rabot cranté pour éliminer les micro-ondulations et parfaire la planéité. Dès le début de la cristallisation exothermique, une fine pellicule de plâtre pur est déposée et serrée énergiquement au grand couteau à lisser (lame de 60 à 80 cm) sans apport excessif d'eau de surface. Le résultat doit offrir un toucher parfaitement lisse et un glacis satiné homogène sans cratères ni soufflures.
NF DTU 25.22 P1-1, clause 5.5
Interdiction formelle de projection en conditions de gel et protocole de séchage vosgien
Dans les Vosges, les chantiers d'hiver connaissent des températures nocturnes négatives prolongées. Si la température descend sous 0°C pendant la prise du plâtre, l'eau libre présente dans le mortier gèle et augmente de volume, brisant les aiguilles microscopiques de gypse en formation : le plâtre est « gelé », il perd toute cohésion et tombe en poudre au dégel. Le bâtiment doit être clos et chauffé pour garantir T ≥ +5°C nuit et jour pendant au moins 10 jours après projection. Des déshumidificateurs de chantier ou une ventilation contrôlée doivent être mis en œuvre pour évacuer les volumes considérables d'humidité.
NF DTU 25.22 P1-1, clause 5.1
Armature continue aux points singuliers et liaisons de gros œuvre dissemblables
Au droit des liaisons entre matériaux de gros œuvre différents (ex. about de plancher béton armé sur maçonnerie de briques thermiques, jonction refend béton / cloison brique, linteaux préfabriqués), l'enduit projeté doit obligatoirement être armé par incorporation d'une bande de treillis en fibre de verre (maille de 10 x 10 mm traitée anti-alcalis) d'au moins 40 cm de large, marouflée dans le premier tiers de l'épaisseur d'enduit projeté. En tête de cloison sous plancher fléchissant, un joint creux de désolidarisation de 10 mm doit être ménagé.
NF DTU 25.22 P1-1, clause 5.6
Tolérances d'exécution admissibles des ouvrages
Critères géométriques de réception d'ouvrage et seuils de non-conformité constatés en expertise contradictoire.
Contrôle à sec en tous sens sur parois dressées
Planéité générale sous la règle de 2 mètres
Tolérance : ≤ 5 mm sous règle de 2 m Contrôle : Tolérance standard de plâtrerie permettant l'application de peinture sans ragréage.
Mesure sur les zones de lissage et raccords d'angles
Planéité locale sous le réglet de 20 cm
Tolérance : ≤ 1 mm sous réglet de 20 cm Contrôle : Garantit l'absence de bosses sensibles sous éclairage rasant.
Vérification au niveau électronique vertical ou laser
Verticalité et aplomb des murs projetés
Tolérance : ≤ 5 mm sur une hauteur sous plafond de 2,50 m Contrôle : Évite tout décalage d'aplomb lors de l'installation des placards et portes intérieures.
Sondage destructif ponctuel au micromètre de profondeur
Épaisseur minimale d'enduit projeté
Tolérance : ≥ 10 mm en tout point Contrôle : Une épaisseur < 10 mm entraîne le cisaillement rapide de l'enduit sous sollicitations thermiques.
Pathologies récurrentes dans le département des Vosges (88)
Analyse des sinistres récurrents instruits par notre cabinet sur les 506 communes vosgiennes au regard du NF DTU 25.22.
Décollement généralisé de 600 m² de plâtre projeté sous dalles béton à Épinal
Désordre : Très grave (Chute de plaques de plâtre au plafond, danger pour les ouvriers et arrêt de chantier) Dans un chantier de construction d'une résidence étudiante à Épinal, plus de 600 m² d'enduit en plâtre projeté mécaniquement en sous-face de dalles alvéolées en béton précontraint se sont détachés brutalement trois semaines après l'application. L'expertise contradictoire conduite par le cabinet Vosges Sinistre a établi que le sous-traitant plâtrier avait projeté le plâtre directement sur les dalles sans appliquer le moindre primaire d'accrochage sablé, et sans dépoussiérer les sous-faces couvertes d'une pellicule d'huile de décoffrage hydrophobe. De plus, pour accélérer la projection, la machine avait été réglée avec un surdosage en eau de 25 %, affaiblissant la cristallisation. Recours opposable : Mise en jeu de la responsabilité contractuelle et de l'assurance décennale (Art. 1792 du Code Civil) pour dangerosité de chutes d'éléments lourds. Condamnation du plâtrier à purger la totalité des plafonds par hydro-décapage, appliquer un primaire sablé d'adhérence certifié et reprendre la projection intégrale en plâtre haute dureté à ses frais exclusifs (montant du sinistre : 78 000 €).
Farinage superficiel et moisissures généralisées par gelure hivernale à Gérardmer
Désordre : Grave (Enduit pulvérulent, odeur d'humidité insoutenable et refus de réception des peintures) Dans un hôtel en cours de rénovation à Gérardmer (alt. 680 m), les enduits projetés sur les murs intérieurs en janvier présentaient un aspect crayeux, farinant au simple frottement du doigt, avec apparition de moisissures vertes et noires sur les bas de parois. L'enquête a révélé que le chantier avait été laissé sans chauffage pendant un week-end de grand froid où la température extérieure est descendue à -14°C. La température des pièces inachevées a chuté à -3°C pendant la prise du plâtre, provoquant le gel de l'eau libre et la destruction des liaisons cristallines du gypse. Par la suite, pour sécher le chantier, des chauffages directs au gaz non ventilés ont été introduits, sursaturant les locaux en humidité. Recours opposable : Constat d'huissier et expertise d'assurance. Non-façon retenue pour violation flagrante de l'article 5.1 du NF DTU 25.22. Condamnation à piocher l'enduit farineux dégradé sur les 12 chambres sinistrées, mise en place d'un séchage par déshumidificateurs électriques professionnels et réfection complète des enduits.
Calculateur Fissuration Plâtre Mécanisé & Retrait
Vérifiez la compatibilité mécanique du support maçonné et le risque de faïençage thermique en projection continue.
Les 7 points de contrôle contradictoires de l'expert en bâtiment
Protocole d'investigation systématique déployé lors des expertises amiables ou judiciaires dans les Vosges au regard du NF DTU 25.22.
Vérification de l'étalonnage du débitmètre d'eau de la machine à projeter conformément au ratio prescrit par le fabricant de plâtre.
Protocole contradictoire d'investigation technique in situ au regard du NF DTU 25.22.
Contrôle de l'application préalable du primaire d'accrochage sablé sur toutes les surfaces lisses en béton banché ou dalles.
Protocole contradictoire d'investigation technique in situ au regard du NF DTU 25.22.
Validation de la température continue du chantier
T ≥ +5°C maintenue nuit et jour pendant au moins 10 jours sans aucun risque de gel.
Contrôle de la planéité générale à la règle de 2 m
Exigence & seuil : ≤ 5 mm — et locale au réglet de 20 cm (≤ 1 mm) après coupage et lissage.
Vérification de l'épaisseur minimale appliquée
au moins 10 mm mesurés au gabarit de profondeur sur parois brutes.
Contrôle de la présence de bandes d'armature en fibre de verre marouflées sur toutes les jonctions de matériaux dissemblables.
Protocole contradictoire d'investigation technique in situ au regard du NF DTU 25.22.
Validation du protocole de ventilation
aération douce continue ou déshumidificateurs électriques sans utilisation de canons gaz directs.
Questions fréquentes sur le NF DTU 25.22
Réponses juridiques et techniques opposables aux experts d'assurance et constructeurs.
Question 1
Réponse d'Expert
Pourquoi le plâtre projeté devient-il farineux et friable en cas de gel sur le chantier ?
→
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Question 2
Réponse d'Expert
Peut-on rattraper un faux aplomb important de maçonnerie avec du plâtre projeté ?
→
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Question 3
Réponse d'Expert
Quelle est la dureté requise pour un plâtre projeté dans un couloir d'école ou de bâtiment public ?
→
Consulter l'analyse contradictoire de l'expert
Normes et DTU associés au NF DTU 25.22
Normes d'exécution et règles de calcul Eurocodes applicables conjointement.
Plâtres et enduits à base de plâtre pour le bâtiment — Définitions et exigences
Spécifie les caractéristiques de temps de prise, résistance mécanique et pureté chimique des plâtres de projection.
Travaux de bâtiment — Ouvrages en plâtre projeté mécaniquement — Cahier des clauses techniques
Désignation contractuelle AFNOR constitutive de la norme de mise en œuvre NF DTU 25.22.
Travaux de bâtiment — Enduits intérieurs en plâtre
Régit les enduits manuels traditionnels complémentaires pour raccords et zones inaccessibles à la machine.
Travaux de bâtiment — Travaux de peinture des bâtiments
Fixe les critères d'humidité maximale du plâtre (≤ 5 %) avant mise en peinture ou pose de revêtements muraux.
Votre bâtiment subit des désordres relevant du NF DTU 25.22 ?
Ne laissez pas l'expert de votre compagnie d'assurance conclure à une cause hors garantie ou sous-évaluer vos indemnités. Notre cabinet d'experts d'assuré indépendants réalise le diagnostic contradictoire au titre du NF DTU 25.22.