NF DTU 25.31 — Ouvrages verticaux en carreaux de plâtre
Norme d'ordre public impérative codifiant les conditions de calcul, les liaisons structurales, la nature des matériaux et la mise en œuvre des cloisons de distribution intérieure, contre-cloisons de doublage thermique et gaines techniques réalisées en carreaux de plâtre massifs ou alvéolaires (épaisseurs courantes de 50 mm, 70 mm ou 100 mm) montés à joints croisés et assemblés au mortier-colle spécifique pour plâtre. Dans le département des Vosges — où la réhabilitation de bâtiments anciens en pierre et la construction neuve sur planchers béton fléchissant sont très fréquentes —, les expertises judiciaires identifient une forte sinistralité : fissuration traversante en diagonale sous mise en charge de planchers hauts non désolidarisés en tête, dégradation foudroyante et gonflement par pourriture de carreaux de plâtre standard posés par mégarde en pièces humides (salles d'eau sans carreaux hydrofuges bleus), et cisaillement des huisseries de portes par absence d'appui de linteau suffisant.
Référentiel Officiel AFNOR & Cadre Juridique — NF DTU 25.31
Classification officielle, antériorité normative et délimitation du périmètre des garanties légales constructeur.
NF DTU 25.31
Remplace : DTU 25.31 de décembre 2001 et additifs P 72-202
Mars 2021 (P1-1, P1-2, P2 / Norme NF P 72-202 & NF EN 12859)
Commission nationale : AFNOR / BNTEC P72 — Plâtre, Cloisons & Ouvrages Associés.
Cloisons de distribution séparatives de pièces, cloisons de doublage sur murs extérieurs, gaines techniques et coupe-feu, carreaux de plâtre standards (blancs) et carreaux hydrofuges haute densité (bleus), semelles de désolidarisation résilientes au sol, liaisons d'angles harpées et linteaux intégrés armés.
Habitations individuelles, chalets, appartements collectifs neufs et réhabilitations thermiques du patrimoine ancien vosgien.
Cloisons légères en plaques de plâtre BA13 sur ossatures métalliques
Les cloisons sur rails et montants métalliques relèvent du NF DTU 25.41 ; les cloisons en briques plâtrières en terre cuite relèvent du NF DTU 20.13 ; les enduits intérieurs en plâtre relèvent du NF DTU 25.1.
Les valeurs planchers & seuils critiques du NF DTU 25.31
Seuils quantifiés et tolérances minimales opposables aux constructeurs, artisans et assureurs.
Jeu compressible sous plafond
Seuil : 10 à 20 mm Épaisseur du vide continu réservé en tête de cloison, calfeutré par laine minérale ou mastic souple sans bourrage rigide au plâtre.
Longueur minimale d'appui du linteau
Seuil : ≥ 200 mm Longueur de repos sur les carreaux de plâtre de chaque côté de la baie de porte (ou pose d'un cadre dormant rigide fixé au plafond).
Hauteur maximale sans raidisseur
Seuil : H ≤ 2,80 m (carreau 7 cm) Hauteur limite d'une cloison droite en carreaux de plâtre pleins de 7 cm d'épaisseur sans incorporation de potelet raidisseur vertical.
Espacement des liaisons mécaniques en rive
Seuil : ≤ 3 rangs Intervalle maximal entre feuillards de liaison en acier galvanisé ou cornières scellées reliant la cloison aux murs porteurs.
Règles d'exécution opposables aux constructeurs
Les 6 exigences normatives clés régissant la conformité décennale au titre du NF DTU 25.31.
Désolidarisation impérative en tête de cloison et joint compressible sous plafond
La liaison entre le dernier rang supérieur des carreaux de plâtre et la sous-face du plancher supérieur (dalle béton, plancher à poutrelles-hourdis ou plancher bois) doit être obligatoirement désolidarisée par un joint d'au moins 10 à 20 mm de hauteur. Ce joint doit être comblé exclusivement par un matériau souple et compressible (bande de laine de roche comprimée, mousse de polyéthylène à cellules fermées, mastic acrylique ou polyuréthane élastique). Le bourrage rigide direct au plâtre-colle ou mortier en tête de cloison est formellement interdit : sous la flèche naturelle et le retrait thermique du plancher haut, la cloison en carreaux de plâtre se transforme en mur porteur parasite (« effet casse-noix »), ce qui provoque l'écrasement en compression du plâtre et l'apparition de fissures destructrices en X sur toute la pièce.
NF DTU 25.31 P1-1 — Article 5.3
Obligation des carreaux hydrofuges bleus dans toutes les pièces humides (EB+)
Dans tous les locaux classés EB+ privatif (salles d'eau, salles de bains, douches à l'italienne, buanderies), les cloisons doivent être intégralement réalisées en carreaux de plâtre hydrofuges normalisés de couleur bleue (ou verte selon fabricants, classe H2 selon NF EN 12859 avec reprise d'eau inférieure à 5 % en immersion). L'utilisation de carreaux de plâtre standards blancs (poreux) dans ces volumes est rigoureusement proscrite, même sous carrelage. En cas de micro-fissuration du joint de carrelage, l'eau s'infiltre : le plâtre standard s'humidifie, perd toute cohésion mécanique, gonfle en pourrissant et fait décoller des pans entiers de carrelage mural.
NF DTU 25.31 P1-2 — Article 4.1 & NF EN 12859 (Classe H2)
Semelle résiliente d'assise au sol et coupure d'humidité par profilé plastique
Les carreaux de plâtre ne doivent jamais être collés directement à même la dalle de béton brute ou la chape sans interposition d'une semelle de désolidarisation continue. L'assise de pied doit être assurée par un profilé de socle en polychlorure de vinyle (profilé en U plastique extrudé) ou une bande résiliente de liège aggloméré ou feutre bitumé d'au moins 5 mm d'épaisseur. Ce dispositif assure trois fonctions obligatoires : il empêche toute remontée capillaire d'eau de lavage ou de fuite au sol dans le plâtre, découple acoustiquement la cloison des vibrations de bruits d'impact du plancher, et absorbe les micro-tassements du gros œuvre.
NF DTU 25.31 P1-1 — Article 5.1
Ferraillage des linteaux de portes et repos d'au moins 200 mm
Au-dessus de toute ouverture de porte intérieure de passage libre supérieur à 60 cm, le franchissement ne peut être assuré par des carreaux de plâtre simplement aboutés en porte-à-faux. Un linteau préfabriqué armé en plâtre haute densité ou deux cornières métalliques en acier galvanisé doivent être mis en œuvre avec une longueur de repos d'au moins 200 mm sur les montants verticaux maçonnés de part et d'autre de la baie. L'absence de repos suffisant ou l'oubli du linteau engendre sous les claquements répétés des portes un cisaillement brutal aux angles supérieurs (fissures diagonales « en moustache » caractéristiques des vices d'exécution).
NF DTU 25.31 P1-1 — Article 5.5
Harpage des angles et liaisons par feuillards galvanisés
À la rencontre de deux cloisons en carreaux de plâtre formant angle droit, les éléments doivent être montés en harpage croisé alterné un rang sur deux, les rainures et languettes étant soigneusement encollées au plâtre-colle. Aux jonctions avec les murs extérieurs en maçonnerie ou les voiles en béton banché, la cloison doit être solidarisée par des feuillards métalliques pliés en équerre en acier galvanisé ou pattes d'ancrage spécifiques scellées ou vissées tous les 2 à 3 rangs verticaux (au moins une fixation tous les 1,00 m à 1,50 m de hauteur). L'omission de ces liaisons d'ancrage génère un décollement vertical complet de la cloison sous l'effet des courants d'air et vibrations.
NF DTU 25.31 P1-1 — Article 5.4
Fixation des charges lourdes et interdiction d'accrochage direct des WC suspendus
Bien que les cloisons en carreaux de plâtre massifs de 7 cm ou 10 cm présentent une masse surfacique supérieure aux plaques de plâtre BA13, elles ne peuvent en aucun cas reprendre directement des charges sanitaires dynamiques en porte-à-faux sans renfort. Les cuvettes de WC suspendus doivent obligatoirement être installées sur un bâti-support métallique autoportant ancré directement dans la dalle béton de sol (chevilles haute résistance au sol). De même, les chauffe-eau électriques muraux de plus de 100 litres doivent reposer sur un trépied au sol ou être ancrés au travers de la cloison par tiges filetées traversantes avec contre-plaques de répartition en acier.
NF DTU 25.31 P1-1 — Article 6.2 & Guide CSTB Charges Lourdes
Tolérances d'exécution admissibles des ouvrages
Critères géométriques de réception d'ouvrage et seuils de non-conformité constatés en expertise contradictoire.
Contrôle à la règle alu de 2 m promenée en tout sens sur les deux faces de la cloison.
Planéité générale de la face de cloison sous règle de 2 m
Tolérance : ≤ 5 mm sous la règle de 2,00 m Contrôle : Tolérance maximale de 5 mm pour recevoir un enduit de finition mince ou peinture (réduite à 3 mm pour carrelage collé).
Vérification au droit des joints d'assemblage entre carreaux de plâtre.
Planéité locale sous le réglet de 20 cm
Tolérance : ≤ 1 mm sous réglet de 20 cm Contrôle : Tout désaffleurement supérieur à 1 mm trahit un défaut d'ébavurage du plâtre-colle ou un carreau désaligné.
Mesure au fil à plomb ou niveau électronique de précision sur une hauteur de 2,50 m.
Aplomb et verticalité globale de la cloison
Tolérance : ≤ 5 mm sur toute la hauteur d'étage Contrôle : Un faux aplomb supérieur à 5 mm complique la pose des plinthes et déforme les ébrasements de portes.
Inspection visuelle de l'extrusion régulière du mortier-colle lors de la pose.
Épaisseur des joints au plâtre-colle
Tolérance : 1 mm à 2 mm après écrasement Contrôle : Un joint trop épais (> 3 mm) crée un point faible mécanique et augmente le retrait volumique.
Mesure à la pige graduée entre la face supérieure du dernier carreau et le béton du plafond.
Largeur effective du joint compressible sous plafond
Tolérance : ≥ 10 mm en tout point Contrôle : Un joint inférieur à 10 mm ne peut absorber la flèche active du plancher sous surcharges de neige vosgiennes.
Pathologies récurrentes dans le département des Vosges (88)
Analyse des sinistres récurrents instruits par notre cabinet sur les 506 communes vosgiennes au regard du NF DTU 25.31.
Fissuration en X et éclatement du plâtre par blocage rigide sous plancher
Désordre : Sinistre Décennal avec Déstabilisation de Cloisons Dans un immeuble résidentiel neuf à Épinal et des pavillons à Remiremont, les cloisons séparatives en carreaux de plâtre de 7 cm ont été montées jusqu'au contact direct du plancher haut en béton, les maçons ayant bourré le vide supérieur au plâtre dur pour aller plus vite. Lors du premier hiver, sous l'effet du retrait du béton et de la flèche du plancher chargé par le mobilier et les cloisons d'étage, les cloisons se sont retrouvées coincées dans un étau : des fissures destructrices en diagonale (forme de croix de Saint-André) ont déchiré le plâtre, faisant décoller les faïences et coinçant les portes. Recours opposable : La violation de l'article 5.3 du NF DTU 25.31 (obligation du joint compressible de 10 à 20 mm) engage de plein droit la garantie décennale de l'entreprise de plâtrerie pour impropriété à destination. La réparation exige le tronçonnage à la scie sabre d'un bandeau continu de 20 mm en tête de cloison, l'insertion d'un matériau élastique, l'agrafage des fissures et la réfection totale des peintures et carrelages.
Décomposition foudroyante de carreaux de plâtre standards blancs en salle de bains
Désordre : Dégât des Eaux Majeur & Ruine Biologique Dans un chalet de vacances à Gérardmer, des carreleurs ont monté les cloisons de la douche à l'italienne en utilisant des carreaux de plâtre ordinaires blancs (non hydrofuges). En raison de micro-fissures apparues sur le joint de carrelage sous les chocs thermiques de l'eau chaude, l'humidité a pénétré dans le cœur du plâtre. En 18 mois, les carreaux se sont liquéfiés en une pâte friable, entraînant l'effondrement de 3 m² de carrelage mural sur le bac de douche et une infiltration d'eau traversant le plancher vers le salon inférieur. Recours opposable : L'obligation de pose de carreaux hydrofuges bleus (classe H2 selon DTU 25.31) est d'ordre public en pièces humides EB+. La faute d'exécution engage la responsabilité décennale de l'artisan. L'indemnisation couvre la démolition intégrale de la cloison, la reconstruction en carreaux bleus avec primaire d'étanchéité sous carrelage (SPEC) et la remise en état du niveau inférieur.
Fissuration en moustache aux angles de portes par omission du linteau armé
Désordre : Malfaçon d'Exécution & Litige Esthétique Récurrent Dans plusieurs constructions récentes à Saint-Dié-des-Vosges, des fissures obliques à 45° partant systématiquement des coins supérieurs des huisseries de portes se sont ouvertes quelques semaines après l'emménagement. Les sondages ont révélé que les cloisons avaient été montées sans aucun linteau armé ni cornière métallique, les carreaux de plâtre reposant directement sur le cadre bois souple de l'huisserie. À chaque claquement de porte dû aux courants d'air, les vibrations cisaillaient le plâtre non ferraillé. Recours opposable : Non-conformité flagrante aux règles de l'art de l'article 5.5 du NF DTU 25.31 (linteau armé avec appui ≥ 200 mm obligatoire). Le constructeur est condamné en garantie de parfait achèvement (GPA) ou biennale à poser des linteaux métalliques d'agrafage et reprendre les enduits.
Simulateur Fissuration Cloison & Flèche Plancher
Vérifiez instantanément les dimensionnements et conformités techniques pour votre bâtiment dans les Vosges au regard du NF DTU 25.31.
Les 6 points de contrôle contradictoires de l'expert en bâtiment
Protocole d'investigation systématique déployé lors des expertises amiables ou judiciaires dans les Vosges au regard du NF DTU 25.31.
Vérifier la nature des carreaux selon la destination de la pièce
carreaux blancs standards exclusivement en pièces sèches, carreaux impérativement bleus (hydrofuges classe H2 certifiés NF) dans toutes les pièces d'eau (salles de bains, WC, buanderies).
Contrôler la présence d'une semelle résiliente d'assise au sol
profilé plastique en U ou bande de liège/feutre bitumé d'au moins 5 mm continue sous le premier rang.
Vérifier l'existence du joint compressible sous plafond
vide franc de 10 à 20 mm sous plancher haut comblé par de la laine minérale ou un mastic souple (absence formelle de plâtre ou mortier dur).
Contrôler la présence d'un linteau armé préfabriqué ou de cornières métalliques avec un repos d'au moins 200 mm de part et d'autre de chaque ouverture de porte.
Protocole contradictoire d'investigation technique in situ au regard du NF DTU 25.31.
Examiner le harpage croisé alterné à tous les angles saillants et rentrants de cloisons et la présence de feuillards métalliques galvanisés d'ancrage sur les murs porteurs tous les 2 à 3 rangs.
Protocole contradictoire d'investigation technique in situ au regard du NF DTU 25.31.
Vérifier l'installation des équipements sanitaires suspendus
Exigence & seuil : WC, chauffe-eau — sur un bâti-support métallique autoportant ancré au sol dans la dalle béton, sans report de charge en porte-à-faux sur la cloison.
Questions fréquentes sur le NF DTU 25.31
Réponses juridiques et techniques opposables aux experts d'assurance et constructeurs.
Question 1
Réponse d'Expert
Pourquoi est-il strictement interdit de bloquer une cloison en carreaux de plâtre sous le plafond ?
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Question 2
Réponse d'Expert
Peut-on poser des carreaux de plâtre blancs ordinaires dans une salle de bains si on pose du carrelage dessus ?
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Question 3
Réponse d'Expert
Quelle semelle doit-on placer sous la première rangée de carreaux de plâtre au sol ?
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